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Exposition Alaïa/Grès, au-delà de la mode : deux sculpteurs de robes à la Fondation Azzedine Alaïa

Sous le commissariat d’Olivier Saillard, historien français de la mode, l’exposition inédite, Alaïa/Grès, au-delà de la mode, présentée pour la première fois, associe les oeuvres de Madame Grès et celle de Alaïa. Visible jusqu’au 7 avril 2024 à la Fondation Azzedine Alaïa où a vécu et travaillé le grand couturier, les créations exposées au nombre de 60 restituent le dialogue de Grès et Alaïa devenus tous les deux sculpteurs de robes.

 

ALAÏA/GRÈS, AU-DELÀ DE LA MODE
Saï, Stéphane Aït Ouarab

 

ALAÏA/GRÈS, AU-DELÀ DE LA MODE
Saï, Stéphane Aït Ouarab

 

ALAÏA/GRÈS, AU-DELÀ DE LA MODE
Saï, Stéphane Aït Ouarab

 

Le visiteur est convié à une leçon au-delà des modes, intemporelles pour l’une, hors du temps pour l’autre avec leurs recherches de coupe, les accords de tissus ou de couleurs, les robes du soir ou de jour des deux couturiers.
Madame Grès se voulait sculptrice, Alaïa avait de même étudié la sculpture à l’école des Beaux-Arts de Tunis. Cette ambition partagée ne fut pas corrompue par les métiers de la couture auxquels ils se consacrèrent avec tant de singularité et de succès. Elle vint au contraire magnifier l’exercice du drapé pour l’une, celle de la coupe pour le second.

 

ALAÏA/GRÈS, AU-DELÀ DE LA MODE
Saï, Stéphane Aït Ouarab

 

ALAÏA/GRÈS, AU-DELÀ DE LA MODE
Saï, Stéphane Aït Ouarab

 

Si rien ne peut attester que les deux couturiers se sont croisés, leurs créations se sont rencontrées sans aucun doute. D’une certaine forme de dépouillement, les créations de Grès ou d’Alaïa, d’une apparente simplicité dissimulent une complexité extrême parfois de coupe et de conception.
Les deux couturiers ont épousé une communauté de création et d’esprit. Les drapés que Grès avait érigés en art total depuis les années 1930 s’incarnent dans les robes longues, fluides et plissées d’Alaïa. Le jersey de la première se traduit en maille et en matériaux souples chez le second. L’exigence des proportions, la rigueur de la coupe qu’il s’agisse de modèles pour le soir ou pour le jour les unit.
« Dès que l’on a trouvé quelque chose de caractère personnel et unique, avouait Madame Grès, il faut l’exploiter à fond et en poursuivre la réalisation sans s’arrêter et jusqu’au bout ». À cela, Alaïa répondait des années plus tard : « Lorsqu’une idée s’impose à soi, il faut s’en saisir au lasso, tourner autour et ne pas en déroger ».

 

ALAÏA/GRÈS, AU-DELÀ DE LA MODE
Saï, Stéphane Aït Ouarab

 

ALAÏA/GRÈS, AU-DELÀ DE LA MODE
Saï, Stéphane Aït Ouarab

 

Madame Grès, de son vrai nom Germaine Krebs, a commencé à travailler dans les années 1930. En 1933, rue de Miromesnil à Paris, elle s’associa à Julie Barton pour ouvrir la maison Alix Barton qui devint Maison Alix en 1934, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle remporte rapidement un vif succès grâce à ses modèles qui évoquent la statuaire antique et qui selon sa propre technique du drapé s’adaptent parfaitement à la vie moderne. En 1942, elle fonde la maison Grès, anagramme du prénom de son mari Serge. Elle installa les salons blancs de sa maison et ses ateliers 1, rue de la Paix, au cœur même de Paris. Insensible aux engouements et aux effets de mode des décennies, Madame Grès présente ici même jusqu’en 1987 ses collections hors du temps. Parmi ses clientes célèbres comptent Greta Garbo, Marlene Dietrich, Maria Casares, Delphine Seyrig ou Grace Kelly.

 

AZZEDINE ALAÏA

 

Maître de la coupe, Azzedine Alaïa, styliste franco-tunisien, figure parmi les derniers couturiers à maîtriser les étapes de la conception et de la réalisation d’un vêtement. Considéré comme l’un des plus talentueux créateurs de sa génération, il a réalisé une oeuvre exceptionnelle dans le domaine de la mode. À son arrivée à Paris en 1956, Azzedine Alaïa exerce son métier de couturier pour une clientèle privée. Il est particulièrement influencé par l’élégance intemporelle de certaines d’entre elles comme Louise de Vilmorin, Arletty, Simone Zehrfuss, Cécile de Rothschild, Greta Garbo.
Il présente sa première collection de prêt-à-porter en 1982. Il sera toujours au plus près des femmes dont certaines seront ses muses, comme Grace Jones, Tina Turner. Il contribuera à lancer la carrière de plusieurs mannequins comme Naomi Campbell, Farida Khelfa, Stephanie Seymour, Tatjana Patitz, Cindy Crawford, Veronica Webb…
Digne héritier des maîtres de la Couture, il est aussi un grand collectionneur ayant acquis plus de 15 000 pièces, témoins des créations de l’histoire de la mode au 19ème et 20ème siècle. Parmi elles 700 robes de Madame Grès figurent à l’inventaire de ce patrimoine aujourd’hui propriété de la fondation qu’il souhaitait de ses vœux. Une sélection de modèles et de photographies sont pour la première fois présentées dans les espaces d’exposition.

 

 

Fondation Azzedine Alaïa au 18 rue de la Verrerie Paris 4ème
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